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La résidence du clan Nomura à Kanazawa
Le raffinement esthétique des samouraïs au repos.

Il n’ y a pas tant de villes où il est encore possible de saisir par bribes l’ambiance du Japon pré-moderne comme à Kanazawa. A l’image de Tokyo et de Takayama, pas si éloignée dans les montagnes à l’est, la capitale d’Ishikawa a réussi à préserver partiellement des athmosphères renvoyant à sa longue histoire et à ses riches traditions. Enlevé en 1583 par le seigneur Maeda Toshiie, un compagnon d’armes de Toyotomi Hideyoshi, le seigneur qui parvint à unifier le pays sous sa domination après des siècles de guerres féodales, le château de Kanazawa restera le centre d’un domaine féodal à la prospérité durable.
Le quartier de Nagamachi nous rappelle aujourd’hui encore que les splendides demeures de samourais, résidences mises à disposition de ses vassaux par le seigneur Maeda, couvraient autrefois de vastes surfaces de la ville. On est facilement capturé par le temps lorsque l’on se retrouve à arpenter ses étroites rues pavées, progressant entre les traditionnels murs enduits de sable ocre, autant d’élégantes enceintes desquelles dépassent des toits de bardeaux, seuls éléments visibles de ces splendides demeures depuis l’extérieur. Mais l’histoire a ses caprices et il faut bien à la vérité concéder que peu de ces résidences peuvent prétendre à l’ancienneté. Quoi qu’il en soit, les quelques-unes ouvrant leurs portes au visiteur méritent clairement une visite.

Par Alexandre Leroi Cortot
Publié le 30 avril 2011.

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Le lieu nous donne une idée assez nette de ce que fut le mode de vie des samourais de la période Edo, qui vit la fermeture presque totale du Japon au monde extérieur.

Lorsque le système féodal japonais eut fini de s’effondrer à la fin du 19ème siècle, les privilèges des nobles furent vite supprimés et beaucoup de leurs résidence détruites. Ce fut alors la classe des marchands, jouant un rôle crucial dans les transformations politiques et sociales du nouveau Japon, qui se retrouva vite en position d’acquérir ces demeures pour donner une visibilité à leur statut social dans une époque, la restauration de Meiji, en proie aux troubles et à une certaine confusion. C’est ainsi que le salon de la résidence du clan Nomura, dont l’origine remonte au 16ème siècle avec la figure de Denbei Nobusada, fut racheté par _Kubo Hirobei, riche industriel et armateur d’une flotte de vaisseaux de commerce « Kitamaebune », à Hashidate, dans le sud de l’actuelle commune de Kaga. Le salon adjoint à sa résidence, resta donc à Kaga pendant de nombreuses années jusqu’à ce que la ville de Kanazawa obtint de le restaurer et de le réaménager au coeur du quartier de Nagamachi, où il est dorénavant ouvert aux visiteurs.
Le lieu nous donne une idée assez nette de ce que fut le mode de vie des samourais de la période Edo, qui vit la fermeture presque totale du Japon au monde extérieur. Vivants au sein d’une société désormais pacifiée, les samourais au seuil de l’inutilité sociale en tant que caste de guerriers, en vinrent à transposer leurs rivalités dans le domaine du goût et du savoir-vivre . Le salon de la demeure, à travers l’élégance de ses cadres en bois de cyprés qu’ornent d’exquis motifs sculptés dans le palissandre ou l’ébène, témoigne de ce souci_ du raffinement qui caractérise le samourai oisif et fortuné de l’ère Edo. D’autres motifs décoratifs, en bois de plaqueminier (le fameux kaki dont les fruits sont prisés des japonais à l’automne) y sont utilisés juste pour cacher les clous de la charpente aux yeux du visiteur_ . Pareillement, les panneaux glissants arborent de splendides paysages, oeuvres du très réputé peintre Sasaki Senkei à la fin du 17ème siècle. Les Nomura poussèrent encore plus loin le souci_de rareté dans le raffinement en faisant exécuter les panneaux de l’alcove dans du paulownia et en ayant recours de manière totalement inhabituelle à des souches d’arbres indiens pour la réalisation des portes coulissantes qui ouvrent la pièce sur le jardin.

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Que bien des aspects de la réputation du Japon pour le raffinement esthétique trouvent leur source au sein de la classe guerrière est un apparent paradoxe qui ne cesse d’intriguer l’observateur étranger.

Ce jardin-là est régulièrement considéré comme l’un des plus beaux dans tout le Japon. Il présente tous les éléments caractéristiques à cet art, tels qu’une cascade, un petit étang accueillant des carpes koï, et des articles en pierre comme le pont et les fameuses lanternes et évocations de pagodes. Quelques fleurs, choix plus inhabituel, prennent bonne place dans ce décor d’un raffinement suprême, baigné de paix et d’harmonie. Les Nomura avaient de toute évidence prévu tout ce qui pouvait aider à réhausser le plaisir de la contemplation. Dans la pièce prévue pour la cérémonie du thé, surplombant à présent le jardin, au premier étage d’un pavillon attenant, les visiteurs peuvent aujourd’hui encore apprécier cet art, sans toutefois trop se soucier de l’étiquette rigoureuse qui l’accompagne. Un autre élément inhabituel, et frôlant même l’incongru, est cette cage au rossignol qui, plongé dans le noir _, pouvait mieux distraire par son chant les visiteurs du maître des lieux.
Que bien des aspects de la réputation du Japon pour le raffinement esthétique trouvent leur source au sein de la classe guerrière est un apparent paradoxe qui ne cesse d’intriguer l’observateur étranger. La résidence des Nomura illustre ce propos de manière saisissante. Elle évoque l’essence même de ce que fut la période d’Edo, à travers la juxtaposition d’artefacts guerriers et la conception raffinée de la résidence. De ce point de vue, les pièces exposées dans le musée annexe, qui comprennent armes, armures, cartes, manuscrits et pièces de monnaie de l’époque nous rappellent utilement le contexte politique et social de l’époque. Il en va de même du mushakakure, pièce dérobée dans laquelle les gardes du seigneur se tenaient tapis, prêts à bondir sur un éventuel assaillant. Dans le monde flottant d’Edo, au sein même d’un espace semblant dévoué tout entier à la sérénité et au raffinement esthétique le plus accompli, la violence et le fracas soudain des armes pouvaient refaire irruption à tout moment. La résidence des Nomura prolonge ainsi de manière péremptoire le sens esthétique très particulier aux japonais, qui repose sur la conscience aigüe du caractère intrinsèquement précaire et éphèmère de toute beauté et des conditions de sa contemplation.

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