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Alexandre-2437.jpgA la fin du 17ème siècle, le Japon est un ensemble territorial administrativement achevé dont le rêve d’intangibilité repose sur des barrières strictes. Pour pénétrer dans le fief de Kaga depuis la province de Echû, l’ancienne dénomination de l’actuelle préfecture de Toyama, il faut emprunter le col de Kurikara, surplombant une belle vallée toute chargée d’histoire ; celle d’un pays longtemps condamné à endurer d’effroyables et inextinguibles guerres claniques. Ici, en 1183, eut lieu une bataille acharnée dont l’issue fit définitivement basculer l’avantage vers le clan Minamoto dans le conflit qui l’opposa aux seigneurs Taïra pour le contrôle politique du Japon.

Bien que Matsuo Bashô ait souvent exprimé à travers sa poèsie l’inanité des « glorieux » faits d’arme qui jalonnent l’histoire de l’archipel, assez curieusement, il n’évoque pas cet épisode crucial de la « guerre de Genpei » dans son journal. Il ne fait d’ailleurs pas plus référence au temple avoisinant, le Fudôson qui conserve encore une statue du kurikara, le dragon noir en sanscrit, qui passe pour avoir été exécutée par Kûkai. Cet érudit du 8ème siècle, calligraphe, moine et poète était alors considéré comme l’inventeur des caractères phonétiques japonais, les kana qu’il assembla de manière à composer l’admirable poème Iroha, l’un des textes fondateurs de la littérature japonaise, et que Bashô ne pouvait ignorer.

Même si les couleurs embaument
Elles finissent par faner
Qu'y a-t-il donc dans ce monde
De permanent ?
Les profondes montagnes de la vanité
Je les franchis aujourd'hui
Renonçant aux rêves superficiels
Ne cédant plus à leur ivresse.

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Pour le voyageur flânant à travers ces contrées, à la fin de l’été 1689, ce beau texte devait sans doute exhaler le parfum de l’évidence qui caractérise les professions de foi. Les belles choses ne se répètant pas, Bashô par son silence évite-t-il sagement de rentrer dans une compétition poétique vaine et trompeuse ?

Suivant le chemin indiqué par la course du soleil vers l’ouest, Bashô et son compagnon de route et disciple, Kawai Sora, arrivèrent à Kanazawa à la fin du mois d’Août. Capitale d’un vaste et prospère domaine féodal, la cité de Kanazawa est alors en plein développement économique et géographique puisque ses dimensions actuelles lui viennent de cette époque, consécutivement aux derniers soubressauts d’une expansion qui la conduit au pied des montagnes de l’est. Lorsqu’ils ne séjournent pas à la cour des shoguns Tokugawa dans la capitale de l’est, les seigneurs Maeda, qui gouvernèrenent le domaine pendant toute l’ère Edo, exercent leur suzeraineté depuis le château bâti sur un contrefort au coeur même de la cité. Suite à un terrible incendie survenu en 1881, la presque totalité de la forteresse fut détruite ne laissant à jour que de rares structures. Mais fière de son patrimoine historique la ville s’est lancée récemment dans un colossal projet de reconstruction du château suivant les techniques de l’époque. Commencé en 1676, le somptueux jardin du Kenroku-en qui s’étend au delà de la porte d’Ishikawa, seul vestige originel du château, illustre la puissance des seigneurs Maeda autant que leur souci permanent de prolonger leur gloire par la voie du mécénat en faveur des arts et du goût. Aujourd’hui encore, la ville de Kanazawa est largement associée à une histoire riche et ancienne autant qu’au raffinement de ses arts traditionnels.

Dans bien des quartiers de la ville, il est toujours possible de retrouver l’athmosphère de la période d’Edo. Le système hiérarchique confucéen en castes, qui imprègnait alors toute la structure sociale du pays, a en effet laissé des traces indélébiles sur la ville, vestiges qui sont autant de sites d’intérêts pour les visiteurs de Kanazawa. Les maisons de samurai, qui couvrèrent jadis les trois quarts de la cité, subsistent dans le quartier de Nagamachi, bien que peu d’entre elles datent effectivement de cette époque.

Des façades de maisons ayant appartenu à de riches artisans ou de commerçants particulièrement influents peuvent encore être admirées àOwari-cho, qui était alors l’avenue la plus large de Kanazawa, conduisant au déjà très coloré et pittoresque marché de Ômicho.

Matsuo Bashô n’est guère loquace sur ce que furent ses occupations à Kanazawa. Nous savons néanmoins qu’il y resta une dizaine de jours, étant l’hôte de pesronnalités importantes de la ville, par ailleurs bien souvent poètes de haïku eux-mêmes. Est-ce sur les bords de la rivière Asano qu’il apprécia ses instants suspendus de calme et de fraîcheur d’un automne encore en devenir ?

Fraîcheur du ciel d’automne
Peler et savourer
La poire et le melon.


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Peut-être a-t’il occasionnellement trouvé refuge dans quelques temples proprement amassés à l’entrée de la ville, dans ce qui est aujourd’hui le quartier de Teramachi. Certains de ces temples sont bien connus des touristes, à l’image du Myoryuji, aussi appelé « temple des ninjas » bien que ses dédales de portes cachées et de passages secrets n’aient en fait aucun rapport avec les guerriers-espions tant prisés par la culture populaire. Dans le temple adjacent de Gannenji, Bashô coucha sur le papier une poignante lamentation sur la disparition précoce d’un jeune confrère. Quel pouvait être l’art de cet Isshô, pour que Bashô souhaitât le rencontrer, n’arrivant à Kanazawa que pour apprendre sa disparition l’année précédente.

Plainte du vent d’automne
Tel mon coeur désolé
Tombe ! remue et parle !

Au delà des pierres commémoratives disséminées ici ou là, il faut faire travailler son imagination pour retrouver la trace de Bashô à Kanazawa. A-t’il arpenté avec quelques influents personnages de la ville, le quartier de Higashi, encastré entre les berges de la rivière Asano à l’est et les flans du mont Utatsu ? Le quartier et ses maisons de geishas était alors fréquenté par les samuraïs désoeuvrés, les marchands opulents ou autres artisans en quête de réseau social. Alexandre-2374.jpgPratiquement inchangé depuis lors, cet endroit doit bien être l’un des plus régulièrement photographiés du Japon. Parcourant aujourd’hui ces quelques rues hors du temps, il n’est pas évident de se souvenir que les enseignes attenantes y rivalisaient en fêtes toujours plus somptueuses, aux coûts les plus indécents. Bashô fut-il jamais invité à l’une d’entre elles ?

Feuilles de saule éparses
Tout comme le maître
J’écoute résonner la cloche

A moins qu’il ne se soit contenté de dédaigner ces frivolités et de traverser le quartier pour gravir la route pentue de Korai, après le sanctuaire de Utatsu. Plus haut, se trouve encore le temple Hosenji, depuis lequel le visiteur dispose d’une des plus « somptueuses vues sur le soleil se couchant au large de Kanazawa », selon les mots de Donald Keene, l’éminent spécialiste en langue anglaise de littérature japonaise, et distingué traducteur de Matsuo Bashô.

Bien qu’il soit peu vraisemblable que Bashô ait écrit ce haïku, mentionné à l’entrée du temple, il est fort probable qu’avant de quitter Kanazawa il n’ait pas manqué d’admirer un si beau et apaisant panorama.

Alexandre-2392.jpg[Higashi Chaya-Gai geisha district in Kanazawa]

Traduit en anglais par Ryuichi Abe dans The Weaving of Mantra: Kûkai and the Construction of Esoteric Buddhist Discourse, 1999. La traduction française depuis l’anglais par l’auteur.

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