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La poésie du voyage.
Suivre la trace de Matsuo Bashô à Ishikawa

N’avez-vous jamais été las de la littérature conventionnelle et sans surprise que proposent la plupart des guides touristiques ? N’avez-vous jamais eu envie de vous éloigner de leurs parcours recommandés pour rechercher cette émotion fugace et indescriptible que la rencontre inattendue d’une athmosphère rare ou d’un lieu secret procure parfois ?

Par Alexandre Leroi Cortot
Publié le 30 mars 2011.

Les jours et les mois s’égrènent passant, fugaces.

Le voyageur étranger parcourant le Japon à la recherche de trésors d’émotions et de ravissement du coeur et des sens a heureusement la possibilité de les trouver par delà les mots des globe-trotters contemporains. Pour cela, on pourra se remémorer le genre quelque peu maniéré de la littérature de voyage, dont la mode perdura à cheval sur le 19ème et le 20ème siècle et on essaiera de se mettre dans la peau de ces « explorateurs de la plume », faisant face à la découverte de paysages rares et d’athmosphères inconnues. Cela marche toujours pour une destination aussi exotique que le Japon. Mais dans bien des cas, on a beau chercher les mots adéquats, on se rend compte à quel point ceux-ci manquent le plus souvent à exprimer nos sensations de manière satisfaisante.

Cette relation ambigüe entre l’expérience des voyages et les mots, et la capacité ou non de ces derniers à exprimer ces émotions flottantes, sont au coeur même de la poésie de Matsuo Bashô. Le vénéré maître du 17ème siècle, aujourd’hui universellement connu pour avoir donné au genre « haïku » ses lettres de noblesses, était aussi un voyageur impénitent.

Les jours et les mois s’égrènent passant, fugaces. Les années qui surviennent et s’en vont voyagent elles aussi. Notre vie même est un voyage : quant à ceux qui la passent à naviguer, ou ceux dont les cheveux blanchissent à mener leur attelage, la route n’est-elle pas leur véritable demeure ? Sans oublier les poètes d’autrefois qui, nombreux trouvèrent la mort au cours d’une longue errance.*

La plupart des japonais peuvent citer de mémoire ce passage par lequel Matsuo Bashô entame son oeuvre la plus connue : le chemin étroit vers les contrées du nord (en japonais, Oku no hosomichi). Cet ouvrage mêlant subtilement haïkus et récits en prose, relate un voyage que le poète effectua en 1689 à travers le Japon. Inspiré par la vie d’errance de prédecesseurs illustres, tel que le poète Saïgyô, il s’aventure dans les terres les plus reculées, jusqu’à l’extrémité nord de l’île de Honshu, au delà de laquelle s’étend Hokkaïdo alors encore « terra incognita », et traversant les contrées de l’ouest, où les routes sont peu sûres et le climat rigoureux. Les mots cités plus haut expriment parfaitement la philosophie du voyage qui était celle de Bashô. Au terme d’une vie de périples toujours plus poussés, il finit par subtilement mêler son approche aux préceptes du bouddhisme zen auquel il avait été initié.

Sertis d’un sens aigu de la concision, les haïkus de Matsuo Bashô célèbrent de manière magistrale la magie de l’instant et l’union fusionnelle de la poésie et de l’existence. Ils ne semblent pas souhaiter traduire en langage poétique des émotions mais plutôt scruter le ressort poétique dans l’existence elle-même, considérée comme la conscience fugace de « l’être là ». Judicieusement choisis, quelques mots suffisent aussi bien à évoquer chez le lecteur une émotion pareillement ressentie ou à stimuler son imagination. Il s’appliquent à incarner tout un monde de choses perceptibles et d’éphémères émotions.

basho.jpgDe manière typique, le titre qu’il choisit pour son oeuvre a une signification ouverte. Le « chemin étroit » qu’il se propose de suivre (hosomichi) le mène vers l’intérieur (Oku) qui renvoie aussi bien à une réalité géographique, les contrées reculées du nord du Japon, qu’à une approche subjective, exprimée par les moyens de la poésie. Matsuo Bashô fut l’un de ces voyageurs qui, pour paraphraser Paul Bowles dans son roman The Sheltering Sky (Un thé au Sahara), « n’appartiennent pas plus à un lieu qu’à celui qui le précède ». A travers ses voyages, il semble être en quête perpétuelle d’expériences à même de révéler par la poésie les pensées et émotions subjectives qui gouvernent son art. Cette errance poétique et psychologique est le coeur même de son existence et de son oeuvre.

Suivre les pas et les mots laissés par Matsuo Bashô à travers la préfecture d’Ishikawa a toute les chances de contribuer à procurer de mémorables expériences de ravissement de l’âme et des sens.


*Les citations des haïkus et de l’oeuvre en prose de Matsuo Bashô proviennent de la traduction de Nicolas Bouvier.

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